Oui, mais voilà, depuis la signature du contrat, De Havilland ne communiquait pas sur la production de ces nouveaux bombardiers d’eau, laissant craindre un retard dans les livraisons. Les premiers exemplaires doivent en effet être livrés à la Grèce et à la Croatie en 2028. La France doit, elle, recevoir les siens peu après. Le 10 mars dernier, le constructeur aéronautique est enfin sorti du bois. Dans un communiqué, il a tenu à rassurer ses clients.

La fabrication du premier DHC-515 est en cours dans ses usines canadiennes. "Le poste de pilotage et le fuselage ont récemment été assemblés sur notre chaîne d’assemblage d’aérostructures de Calgary pour former la partie avant du fuselage", indique De Havilland, qui précise que ses équipes ont aussi "terminé l’assemblage du premier caisson d’aile du DHC-515, une structure impressionnante de 28,6 mètres de long." L’avionneur semble donc, pour l’instant, en passe de tenir ses engagements

Ce dernier indique par ailleurs qu’il a récemment reçu de nouvelles commandes pour son avion amphibie de lutte contre les incendies de la part de trois provinces canadiennes (Manitoba, Ontario et Alberta).

En prenant pour base son prédécesseur, le CL-415, le nouveau bombardier d’eau DHC-515 mesurera 20 m de long et près de 29 m d’envergure. Il aura une capacité de largage d’un peu plus de 6 100 litres d’eau et 700 litres de retardant. Pour remplir son réservoir en eau, l’avion amphibie n’aura besoin que de 12 secondes d’écopage. Il affichera un rayon d’action de 2 300 km et une vitesse de décrochage de seulement 126 km/h.

De Havilland n’est pas la seule à se jeter à l’eau. À Toulouse, deux sociétés ont fait le choix de convertir des ATR 72 en bombardiers d’eau. La start-up Positive Aviation travaille sur un avion amphibie, le FF72, capable de larguer 8 000 litres d’eau. Si aucune vague ne vient faire capoter le projet, son entrée en service est annoncée pour fin 2028.
 
 
 
 L’entreprise Kepplair, de son côté, collabore avec Aerotec et planche sur le Kepplair 72. L’appareil ne sera pas amphibie et devra donc se ravitailler en eau ou retardant sur un "pélicandrome", comme les actuels Dash-8 de la Sécurité civile. Il pourra larguer quelque 7 500 litres. Son entrée en service est prévue à l’été 2027. En parallèle, Aerotec vise à convertir, d’ici mi-2027, un Airbus A319 en bombardier lourd. L’appareil, commandé par un client américain, Neptune Aviation, disposera de réservoirs d’une capacité de 17 000 litres de retardant.
 
 
 La société bordelaise Hynaero, enfin, va, en partenariat avec Airbus, développer le "Frégate F100". Il s’agira cette fois d’un hydravion complètement nouveau qui pourra emporter jusqu’à 10 tonnes d’eau. L’entreprise a annoncé début janvier qu’elle allait installer sa future chaîne d’assemblage à Istres (Bouches-du-Rhône). Son entrée en service n’est pas pour tout de suite. Elle est annoncée pour l’été 2032.