Après dix ans d’arrêt, la production de
nouveaux Canadair pour lutter contre les incendies vient de reprendre…
La France en aura deux exemplaires
Alors que la production mondiale de bombardiers d’eau s’est arrêtée
pendant plus de dix ans, l’avionneur canadien De Havilland vient de se
lancer dans la fabrication d’un nouveau Canadair, le DHC-515. La France
lui en a commandé deux exemplaires. Ils doivent être livrés à l’horizon
2028.

La situation était devenue critique, mais l’espoir est en train de
renaître… Le constructeur aéronautique canadien De Havilland vient de
relancer la fabrication de bombardiers d’eau destinés à la lutte contre
les incendies de forêt. La production des fameux Canadair, notamment du
CL-415 qui équipe la Sécurité civile française,
s’était en effet arrêtée en octobre 2015 en raison d’un manque de
commandes. Et aucun autre avionneur n’avait depuis pris le relais.
Mais face à des saisons de feux de plus en plus longues et intenses et à
une flotte d’avions en service vieillissante, De Havilland Canada a
décidé de rouvrir ses lignes d’assemblage. Il y a tout juste quatre ans,
la société a annoncé le lancement d’un nouveau Canadair, le DHC-515, et
l’Union européenne (UE) n’a pas tardé à lui faire part de son intérêt.
En 2024, six pays de l’UE* ont commandé de façon groupée 22 exemplaires,
dont deux sont destinés à la France. À terme, Emmanuel Macron
souhaiterait renouveler l’intégralité de la flotte française, composée
actuellement de 12 bombardiers d’eau Canadair, et même de la porter à 16
appareils.
Oui, mais voilà, depuis la signature du contrat, De Havilland ne
communiquait pas sur la production de ces nouveaux bombardiers d’eau,
laissant craindre un retard dans les livraisons. Les premiers
exemplaires doivent en effet être livrés à la Grèce et à la Croatie en
2028. La France doit, elle, recevoir les siens peu après. Le 10 mars
dernier, le constructeur aéronautique est enfin sorti du bois. Dans un
communiqué, il a tenu à rassurer ses clients.
La fabrication du premier DHC-515 est en cours dans ses usines
canadiennes. "Le poste de pilotage et le fuselage ont récemment été
assemblés sur notre chaîne d’assemblage d’aérostructures de Calgary pour
former la partie avant du fuselage", indique De Havilland,
qui précise que ses équipes ont aussi "terminé l’assemblage du premier
caisson d’aile du DHC-515, une structure impressionnante de 28,6 mètres
de long." L’avionneur semble donc, pour l’instant, en passe de tenir ses
engagements
Ce dernier indique par ailleurs qu’il a récemment reçu de nouvelles
commandes pour son avion amphibie de lutte contre les incendies de la
part de trois provinces canadiennes (Manitoba, Ontario et Alberta).
En prenant pour base son prédécesseur, le CL-415, le nouveau
bombardier d’eau DHC-515 mesurera 20 m de long et près de 29 m
d’envergure. Il aura une capacité de largage d’un peu plus de 6 100
litres d’eau et 700 litres de retardant. Pour remplir son réservoir en
eau, l’avion amphibie n’aura besoin que de 12 secondes d’écopage. Il
affichera un rayon d’action de 2 300 km et une vitesse de décrochage de
seulement 126 km/h.
De Havilland n’est pas la seule à se jeter à l’eau. À Toulouse, deux
sociétés ont fait le choix de convertir des ATR 72 en bombardiers d’eau.
La start-up Positive Aviation travaille sur un avion amphibie, le FF72,
capable de larguer 8 000 litres d’eau. Si aucune vague ne vient faire
capoter le projet, son entrée en service est annoncée pour fin 2028.

L’entreprise Kepplair, de son côté, collabore avec Aerotec et planche
sur le Kepplair 72. L’appareil ne sera pas amphibie et devra donc se
ravitailler en eau ou retardant sur un "pélicandrome", comme les actuels
Dash-8 de la Sécurité civile. Il pourra larguer quelque 7 500 litres.
Son entrée en service est prévue à l’été 2027. En parallèle, Aerotec
vise à convertir, d’ici mi-2027, un Airbus A319 en bombardier lourd.
L’appareil, commandé par un client américain, Neptune Aviation,
disposera de réservoirs d’une capacité de 17 000 litres de retardant.
La société bordelaise
Hynaero,
enfin, va, en partenariat avec Airbus, développer le "Frégate F100". Il
s’agira cette fois d’un hydravion complètement nouveau qui pourra
emporter jusqu’à 10 tonnes d’eau. L’entreprise a annoncé début janvier
qu’elle allait installer sa future chaîne d’assemblage à Istres
(Bouches-du-Rhône). Son entrée en service n’est pas pour tout de suite.
Elle est annoncée pour l’été 2032.
https://www.ladepeche.fr/2026/03/13/apres-dix-ans-dattente-de-nouveaux-canadair-sont-en-production-pour-lutter-contre-les-incendies-la-france-en-a-commande-deux-exemplaires

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